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* Pourquoi ai-je des parents aussi nuls ? Un père poivrot et une mère incapable de le butter ? Colères. Rêves. Colères. Rêves. Il faut qu’il crève. * « Tout le monde a un ange gardien qui le protège. » Foutaise je pense, « t’es sûre ? », je réponds en souriant. À Christine. Christine ignorait tout de ma vraie vie « au village. » C’était mon secret, ma honte. Et je ne faisais rien pour basculer de l’amitié à l’amour. Après la seconde de détermination, j’avais rempli un dossier pour le bac H, H comme Informatique, au lycée Guy Mollet. Huit cents candidats pour vingt-quatre places. D’abord un écrémage puis une épreuve écrite de sélection. Des tests de logique. Assis, face à cette feuille, je n’ai pas tremblé. Je suis retenu. J’apprendrai plus tard avoir terminé en deuxième position. Le lycée Guy Mollet : « derrière la gare. » Un kilomètre à pied. Christine était en comptabilité. Nos regards se sont croisés des mois avant que Laetitia nous présente. Aimantés. Laetitia était en bac H et j’ignorais qu’elle vivait près de chez Christine. * Tant qu’il vivra, l’amour me sera interdit. Je savais qu’il me serait impossible de « présenter une fille. » J’étais vraiment encore idiot ! J’avais gobé cette baliverne du « présenter la fille », j’avais même cru les filles vouées à penser « tel père tel fils » si elles l’apercevaient. Pauvre idiot : leurs âneries s’étaient incrustées en moi. Leurs : mon père, ma mère, mes oncles. Les cousins plus âgés avaient ramené une fille, rapidement épousée. Je n’avais pas encore réalisé qu’ils jacassaient sur leur minuscule monde, sans la moindre connaissance, resservaient traditions et balivernes. Ils n’avaient jamais été formés à réfléchir. Je raisonnais sur d’autres sujets mais n’avais pas encore capté l’urgence de rénover toutes mes fondations, nettoyer mon esprit de leurs poisons. Alors j’avais « des copines », j’en parlais même à Christine, des filles du samedi soir, pour quelques soirées, au mieux mois, elle était « la confidente » ; à part ce père, je n’avais pour elle aucun secret. Comme elle devait souffrir de ma « retenue » ! Je n’ai jamais osé. Le samedi soir, c’était facile : la musique, le noir... inviter une fille à danser, lui sourire, lui parler est presque inutile, l’effleurer, la serrer, attendre une réponse physique identique... c’était facile... Mais en pleine lumière, je perdais tout moyen. Oui, avant 31 ans, je les ai toutes connues dans le bruit les filles d’amour. * Si j’avais vraiment eu de « mauvaises fréquentations », il s’en serait bien trouvé une pour me persuader de virer délinquant... m’entraîner dans les premières conneries, cramer une voiture juste par colère, casser une vitrine... Mais je me méfiais des gens, donc des délinquants aussi... c’est sûrement cette méfiance qui m’a permis de ne pas sombrer dans une autre impasse... Mais ça s’est joué à peu... * |